29 mars 2008
Le Blues de la fraise

Ou comment nous sommes responsables de notre perte…
Texte de Claude-Marie Vadrot - Politis jeudi 12 avril 2007
D'ici à la mi-juin, la France aura importé d'Espagne plus de 83 000 tonnes de fraises. Enfin, si on peut appeler «fraises» ces gros trucs rouges, encore verts près de la queue car cueillis avant d'être mûrs, et ressemblant à des tomates. Avec d'ailleurs à peu près le goût des tomates...
Si le seul problème posé par ces fruits était leur fadeur, après tout, seuls les consommateurs piégés pourraient se plaindre d'avoir acheté un produit qui se brade actuellement entre deux et trois euros le kilo sur les marchés et dans les grandes surfaces, après avoir parcouru 1 500 km en camion. À dix tonnes en moyenne par véhicule, ils sont 16 000 par an à faire un parcours valant son pesant de fraises en CO2 et autres gaz d'échappement. Car la quasi-totalité de ces fruits poussent dans le sud de l'Andalousie, sur les limites du parc national de Doñana, près du delta du Guadalquivir, l'une des plus fabuleuses réserves d'oiseaux migrateurs et nicheurs d'Europe.
Il aura fallu qu'une équipe d'enquêteurs du WWF-France s'intéresse à la marée montante de cette fraise hors saison pour que soit révélée l'aberration écologique de cette production qui étouffe la fraise française (dont une partie, d'ailleurs, ne pousse pas dans de meilleures conditions écologiques). Ce qu'ont découvert les envoyés spéciaux du WWF, et que confirment les écologistes espagnols, illustre la mondialisation bon marché.
Cette agriculture couvre près de six mille hectares, dont une bonne centaine empiètent déjà en toute illégalité (tolérée) sur le parc national. Officiellement, 60% de ces cultures seulement sont autorisées; les autres sont des extensions «sauvages» sur lesquelles le pouvoir régional ferme les yeux en dépit des protestations des écologistes.
Les fraisiers destinés à cette production, bien qu'il s'agisse d'une plante vivace productive plusieurs années, sont détruits chaque année. Pour donner des fraises hors saison, les plants produits in vitro sont placés en plein été dans des frigos qui simulent l'hiver, pour avancer leur production. À l'automne, la terre sableuse est nettoyée et stérilisée, et la microfaune détruite avec du bromure de méthyl et de la chloropicrine. Le premier est un poison violent interdit par le protocole de Montréal sur les gaz attaquant la couche d'ozone, signé en 1987 (dernier délai en 2005); le second, composé de chlore et d'ammoniaque, est aussi un poison dangereux: il bloque les alvéoles pulmonaires.
Qui s'en soucie?
La plupart des producteurs de fraises andalouses emploient une main-d’œuvre marocaine, des saisonniers ou des sans-papiers sous-payés et logés dans des conditions précaires, qui se réchauffent le soir en brûlant les résidus des serres en plastique recouvrant les fraisiers au cœur de l'hiver.
Un écologiste de la région raconte l'explosion de maladies pulmonaires et d'affections de la peau.
Les plants poussent sur un plastique noir et reçoivent une irrigation qui transporte des engrais, des pesticides et des fongicides. Les cultures sont alimentées en eau par des forages dont la moitié ont été installés de façon illégale. Ce qui transforme en savane sèche une partie de cette région d'Andalousie, entraîne l'exode des oiseaux migrateurs et la disparition des derniers lynx pardel, petits carnivores dont il ne reste plus qu'une trentaine dans la région, leur seule nourriture, les lapins, étant en voie de disparition. Comme la forêt, dont 2 000 hectares ont été rasés pour faire place aux fraisiers.
La saison est terminée au début du mois de juin. Les cinq mille tonnes de plastique sont soit emportées par le vent, soit enfouies n'importe où, soit brûlées sur place.
Et les ouvriers agricoles sont priés de retourner chez eux ou de s'exiler ailleurs en Espagne. Remarquez: ils ont le droit de se faire soigner à leurs frais au cas ou les produits nocifs qu'ils ont respiré ...
La production et l'exportation de la fraise espagnole, l'essentiel étant vendu dès avant la fin de l'hiver et jusqu'en avril, représente ce qu'il y a de moins durable comme agriculture, et bouleverse ce qui demeure dans l'esprit du public comme notion de saison. Quand la région sera ravagée et la production trop onéreuse, elle sera transférée au Maroc, où les industriels espagnols de la fraise commencent à s'installer. Avant de venir de Chine, d'où sont déjà importées des pommes encore plus traitées que les pommes françaises...
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01 juin 2007
Okinawa et Méditerranée
A l’invitation de Jean Plouzennec, Président des Toques Blanches du Roussillon, je me suis rendu vendredi dernier à une conférence intitulée : « Gastronomie du bien être et de la santé ».
Friand de ce type de sujet, j’ai songé avec excitation à notre bon vieux régime Méditerranéen. Boum, erreur ! Le Docteur Jean-Paul Curtay qui animait la conférence présentait son livre au titre évocateur : « Okinawa ».
Okinawa est une île au sud du Japon qui détient le record mondial de longévité (80 % de maladies cardio – vasculaires et de cancers en moins par rapport à la moyenne).
Une île qui offre une qualité de vie exceptionnelle.
Leurs secrets ?
- Une alimentation peu calorique et riche en antioxydants
- Une propension à rester en mouvement
- Une perception très positive du monde et de la vie
Il a été également question d’alimentation santé, de conseils nutritionnels, de lutte contre l’obésité et de cuisine traditionnelle avec également les interventions de Pierre Torrès et d’Eliane Comelade.
De plus et surtout, il en est ressortit que manger est un acte de plaisir avant d’être une obligation ennuyeuse de remplissage physiologique. Le repas est un moment privilégié, de fête, un instant ludique qui se doit d’être déstressant : il faut retrouver l’éloge de la lenteur.
La recommandation des intervenants est simple : l’alimentation est le 1er des médicaments ; et pour cela il faut :
- manger plus de fruits, de légumes et d’aromates,
- préférer la qualité à la quantité
- se faire plaisir en prenant son temps
En bref, le triptyque ALIMENTATION, EXERCICE, GESTION DU STRESS est la clé de la réussite santé. (et en terme alimentaire, permettez moi de rajouter organisation, inventivité et curiosité). Autre trinité importante : Oméga 3, Magnésium et antioxydant qui sont essentiels à la santé et améliorent le bien être.
Un bon moyen de faire passer le message est d’éduquer autour des thèmes suivants :
- Saisonnalité
- Terroir / culture / tradition / promo
- Textures et couleurs
Autre moyen, mettre en place des « food Events » qui consiste à sortir les chefs de leurs cuisines pour des événements festifs. En cela permettre aux gens de sortir de la banalité.
La cuisine doit sortir du restaurant, les chefs doivent être considérés comme des acteurs culturels et sociaux à part entière.
Pour aller beaucoup plus loin, je vous invite à consulter :
Le communiqué de presse : CdP_Okinawa.pdf
Le CV du Docteur Jean – Paul Curtay : CV_Curtay.pdf
Son blog : http://www.jeanpaulcurtay.typepad.com/okinawa
Et pour le fun, je vous mets quand même la pyramide du régime Méditerranéen !
Cliquez sur l'image pour l'agrandir
19:45 Publié dans Reflexions - diverses | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Méditerranée, alimentation










